Interviews 29 mars 2020 | 17:17par Colin McGourty

Anish Giri: “Le tournoi s'est teminé de manière étonnamment chaotique”

Dans une grosse interview à matchtv.ru, Anish Giri nous parle de l'interruption du Tournoi des Candidats alors qu'il préparait son affrontement contre Ian Nepomniachtchi 4 heures plus tard. Une course pour réserver des billets d'avion et plier bagage s'en est suivi. Il nous parle également de sa préparation de l'évènement, son camp d'entraînement au Portugal, pourquoi il n'a jamais envisagé de se retirer du tournoi comme Teimour Radjabov, et la situation actuelle avec le joueur Azéri.

"Ca a mal commencé, mais ça allait de mieux en mieux" - Anish Giri | photo: Lennart Ootes, FIDE/official website

Anish Giri était presque le 4e joueur Russe de ce Tournoi des Candidats 2020. Natif de St Petersbourg, il a grandi avec le russe pour langue maternelle avant de s'installer aux Pays-Bas. Dans une grosse interview avec Mikhail Kuznetsov pour Match TV, il a commencé par parler de ses deux pays avant d'entrer dans les détails du Tournoi des Candidats à Ekaterinbourg. Retrouvez la traduction ci-dessous :


Mikhail Kuznetsov : Où es-tu actuellement ?

Anish Giri : Chez moi, aux Pays-Bas.

Quelle est l'atmosphère là-bas ?

La situation a changé par rapport à ce qu'elle était avant le Tournoi des Candidats. Quand je me suis envolé, tout était normal. Maintenant, dans les aéroports, on nous prévient que nous devons garder une distance de 2 mètres entre chaque personne, c'est presque vide et plus personne ne vole où que ce soit. Je ne quitte pas la maison, même s'il fait beau.

Tu n'es pas en quarantaine ?

Non. Les gens se confinent eux-mêmes pour des raisons humanitaires. Je ferai, de toute manière, très très attention pendant les deux prochaines semaines. Je n'irai nulle part. Il semble que nous ne soyons pas obligé de nous isoler après avoir voyagé à l'étranger, mais c'est logique. Nous devons respecter les recommandations.

En Russie, la demande de papier toilette a augmenté. Comment est-ce aux Pays-Bas ?

Idem. Il y a toutes sortes de blagues qui sont faites sur le papier toilette. Je ne me suis pas déplacé moi-même dans un magasin depuis un bout de temps, mais il paraît que les gens en accumulent.

Y a-t-il une différence dans l'atmosphère autour de la pandémie de coronavirus en Russie par rapport aux Pays-Bas ?

J'ai l'impression que les situations sont similaires. Dans l'ensemble, tout le monde comprend qu'il est nécessaire de s'isoler, et que si on quitte la maison, il vaut mieux porter un masque et rester éloigné les uns des autres.

Au fait, en matière de prudence, quelle est votre mentalité : une néerlandaise respectueuse des lois ou une russe amoureuse de la liberté ?

Les Néerlandais sont également un peuple très épris de liberté. Il me semble que les personnes sensées de tous les pays ont à peu près la même stratégie en matière de prudence. Il serait tout simplement stupide de faire autrement. Aux Pays-Bas aussi, il y a des gens qui essaient de protester ou de faire de l'esbroufe d'une manière ou d'une autre.

L'entraîneur de football Leonid Slutsky, qui a travaillé aux Pays-Bas, a parlé de la nature respectueuse des lois de vos citoyens. Il a donné l'exemple des limitations de vitesse sur les routes, que les Néerlandais n'enfreignent jamais.

Je peux vous expliquer à quoi cela est lié ; ce n'est pas une question de mentalité. Aux Pays-Bas, il est très difficile de passer son permis de conduire. Je n'y suis parvenu qu'avec difficulté. J'ai passé énormément d'heures, de temps et de nerfs pour obtenir mon permis de conduire. Tout est très strict. Quand vous l'obtenez, les règles sont tellement ancrées en vous que vous les suivez. Ici, c'est plus lié au système qui consiste à obtenir le bon permis, alors qu'il y a des hooligans partout.

Terminons le thème des mentalités. Il existe actuellement une application populaire intitulée Gradient : les gens téléchargent leur photo et elle leur montre, en pourcentage, à quelles nationalités ils appartiennent. Si vous vous représentiez en pourcentages, quel serait le résultat ? 

C'est très compliqué. Je dirais probablement 45% Russe et Hollandais et les 10% restant pour le Nepal. Le fait que ma mère soit Russe et que je sois né en Russie a laissé une vraie empreinte sur ma mentalité. Mais j'ai grandi aux Pays-Bas, mon éducation ici a également joué un rôle important. Il apparaît qu'il y a une sorte de conflit interne.

Tu ne donnes pas le moindre pourcent au Japon 

Non. Je ne pense pas que j'ai adopté quoi que ce soit de la mentalité japonaise.

Quand as-tu compris que tu allais être qualifié au Elo pour le Tournoi des Candidats ?

J'ai appris cette possibilité lorsque j'ai été éliminé de la Coupe du Monde. Quelqu'un m'a dit que j'avais des chances. J'ai commencé à suivre. Il fallait que Ding Liren se qualifie pour la finale de la Coupe du Monde, ce qu'il a fait de manière très convaincante.

Ta préparation pour les Candidats était-elle différente de celle de 2016 ?

La situation était très similaire dans le sens où il me restait peu de temps pour me préparer. J'avais un emploi du temps chargé. En 2016 comme cette année, l'accent a été mis sur le mois de février, car en janvier, je joue dans le traditionnel tournoi Hollandais de Wijk an Zee. En février, il y a donc eu un camp d'entrainement qui a duré tout le mois. Cette fois-ci, j'ai essayé de tenir compte des expériences du passé et de conserver tout ce qui avait bien marché.

Sur les photos du camp d'entrainement de février, tu as indiqué "Lieu secret" comme localisation. Quel était ce lieu secret ?

C'était plutôt une blague, les gens aiment ce genre de mystère. Tous ceux qui étaient sérieusement intéressés pouvaient voir qu'il y avait toutes sortes de panneaux en portugais sur les photos et pouvaient voir les vols qu'il y avait le jour où je suis parti de Rotterdam.

En fait, le fait que le camp d'entraînement se tenait au Portugal n'était pas un secret.

Pourquoi au Portugal ?

Je ne voulais pas qu'il fasse trop froid pour que je puisse marcher sans manteau. Nous avons trouvé un très bon endroit là bas, une belle maison avec un immense jardin, une piscine, un terrain de football et des courts de tennis. Et une assez bonne affaire en terme de prix. Nous avons eu de la chance avec la météo. C'était bien mieux que les prévisions. Le camp s'est avéré être tout simplement génial.

Ta famille était avec toi ?

Non. Il y avait l'épouse de l'un de mes coachs. Elle nous a aidé pour la logistique pour qu'on puisse se concentrer complètement sur les échecs. Aucun d'entre nous, bien sûr, n'est venu avec sa famille. Une préparation de ce genre demande énormément de concentration. Il faut qu'on puisse se débarrasser de tous nos problèmes domestiques et familiaux.

Comment t'es-tu rendu au Tournoi des Candidats ?

Après le Portugal, nous nous sommes envolés pour les Pays-Bas, le jour même où je pense qu'il y a eu le premier cas de coronavirus dans le pays. Nous étions nerveux pendant le vol. Nous avions peur de recontrer cette personne. Puis nous avons passé quelques semaines à la maison, il nous a fallu un certain temps pour récupérer.

As-tu toujours un passeport Russe ? Te faut-il un visa ?

Il m'en faut un. Ce n'est pas difficile à obtenir, mais il y a beaucoup de tournois en Russie et pour chacun d'entre eux, il faut s'organiser pour avoir le visa. Ce n'est pas très plaisant. Auparavant, j'avais la citoyenneté russe, mais maintenant, je vis aux Pays-Bas depuis assez longtemps.

Etait-ce difficile d'obtenir la nationalité hollandaise ?

A ce moment-là, je vivais dans le pays depuis 5 ans et j'y avais terminé mes études, ce qui était aussi très important. Ces deux éléments m'ont presque garanti la nationalité hollandaise. C'est beaucoup plus difficile de refuser la nationalité russe. Il faut prouver qu'on ne doit rien à personne et obtenir des certificats dans toutes sortes de bureaux.

Certains de tes amis Russes ont-ils été invités au tournoi des candidats ?

Non. Parfois, je vais faire un tour à St Petersbourg. La dernière fois, c'était fin 2019. Il y a avait le Championnat du Monde de parties Rapides et Blitz à Moscou. Après cela, j'ai pris le train jusqu'à St Petersbourg, j'y suis resté quelques jours. Cette fois-ci je me suis envolé directement pour Ekaterinbourg via Moscou et je n'ai eu ni le temps, ni la possibilité de voir qui que ce soit.

Avais-tu des doutes quant à ta participation au Tournoi des Candidats ?

Je n'avais pas le choix. Naturellement, je veux me battre pour le titre de Champion du Monde. On avait peur d'attraper le coronavirus à l'aéroport. Nous avons essayé d'être aussi prudents que possible : en gardant nos distances, en portant un masque.

Il n'a jamais été question de ne pas jouer.

Tu aurais pu te retirer, comme Teimour Radjabov

Pourquoi me retirer ? C'est ma vie, ma carrière. Se qualifier pour le tournoi n'est pas facile, il a lieu une fois tous les deux ans. Je ne donnerai pas ma place à quelqu'un d'autre.

Quand tu es arrivé à Ekaterinbourg, tu n'as pas été mis en quarantaine ?

Non. A ce moment-là, seuls les Chinois étaient en quarantaine. Ils ont simplement vérifié que nous n'avions pas le virus.

Dans quelle mesure ce tournoi était-il différent de tous les autres auxquels tu as participé ?

Énormément. C'était impossible de passer à côté. Il y avait des mesures de sécurité spéciales et peu de gens autour du tournoi. Pendant les parties, il n'y avait que deux personnes avec des masques dans la salle de jeu. La nourriture ne nous était servi que dans nos chambres. Ils ont dit que c'était mieux de ne pas aller du tout au restaurant. Deux fois par jour, nous étions examinés par un médecin. Cela ne m'a pas particulièrement dérangé. A un moment donné, je m'y suis habitué. Et en général, manger dans la chambre est assez pratique. On gagne un temps fou. On faisait attention quand on allait marcher. Tu traverses la rue quand tu vois une personne au loin. C'était inhabituel.

As-tu senti une nervosité générale chez les Grands-Maîtres ?

Je n'en avais pas l'impression, mais plusieurs joueurs en ont parlé. Je ne sais pas à quoi ils pensaient. Je pense que les joueurs suivaient l'actualité mondiale.

Bien sûr, quand on lit ce qui se passe, on devient nerveux. A un moment, j'ai décidé de me concentrer uniquement sur mon tournoi. Je me sentais plus calme de cette façon.

Parle nous du jour où le tournoi a été interrompu.

Il me semblait que les organisateurs étaient en permanence en contact avec les autorités et que tout se déroulait selon le plan, mais le tournoi s'est terminé d'une manière étonnamment chaotique. Le jour de la 8e ronde, mon coach a été appelé par une femme du comité d'organisation.

Il était midi et les parties devaient commencer à 16h. Je pensais qu'elle appelait car j'avais accidentellement manqué un des contrôles médicaux de la veille et je pensais qu'elle voulait nous gronder pour ça. Je n'ai pas entendu ce que mon coach lui a dit. Puis, il m'a dit que le tournoi était terminé et qu'on devait rentrer chez nous. "Tu plaisantes ?" "Non".

Le problème, c'est qu'il nous ont dit que l'espace aérien allait être fermé dès le lendemain. Nous devions trouver des billets. J'avais peur que nous n'en trouvions pas, mais nous avons eu de la chance. Nous avons réussi à en acheter tout de suite et le vol partait deux heures et demi plus tard. Nous avons dû plier bagage rapidement et prendre le taxi. Puis il s'est avéré que les autres n'avaient pas pu s'acheter de billets. Un vol supplémentaire a été organisé pour eux cette nuit-là. Nous avons décidé de ne pas compter sur le destin et de les acheter nous-mêmes.

Ce fut un changement spectaculaire. Jusqu'à midi, nous nous préparions pour la partie. Je devais jouer avec les noirs contre le leader, Ian Nepomniachtchi. C'était une partie très importante pour mon tournoi. Nous avons dû analyser beaucoup d'ouvertures. Cependant, à l'improviste, j'ai dû faire mes valises.

Comment as-tu réagi à cette annonce ?

Pas positivement, pour être honnête. D'abord, l'achat des billets est une procédure désagréable. Vous devez remplir votre nom, votre prénom, les détails de votre passeport, trouver une carte de crédit, entrer tous les codes. Faire cela rapidement est encore plus désagréable. Ensuite, vous devez ranger toutes vos affaires éparpillées dans la chambre. Je n'aime pas faire cela de toute façon, alors en plus, j'étais pressé.

Deuxièmement, je n'étais pas content que le tournoi soit terminé. 

Je pense qu'il aurait dû être maintenu jusqu'à la fin compte tenu de toutes les mesures de précaution qui avaient été prises. A ce moment-là, j'ai eu l'impression qu'ils m'avaient abandonné. Puis j'ai réfléchi un peu, et j'ai compris : les organisateurs n'avaient pas d'autres choix étant donné le problème imprévisible qu'est la fermeture de l'espace aérien.

Tu aurais pu aller à St Petersbourg

Oui. Ma femme m'a dit plus tard que rien de terrible ne serait arrivé et que j'aurais pu aller à St Petersbourg. Mais qu'en est-il des autres joueurs ? Par exemple, Caruana l'américain ? Qu'aurait-il fait dans l'immensité de notre grand pays ? Pour moi, ce n'était pas la pire des options de rester coincé en Russie, mais en dehors des joueurs d'échecs, il y avait d'autres personnes autour du tournoi qui devaient rentrer chez eux.

En ce moment, on entend beaucoup la question a propos de ce qu'il faut faire au sujet de Teimour Radjabov. Poursuivre le tournoi avec lui ou non ?

Teimour estime que ses droits ont été violés. S'il est inclu et que quelqu'un d'autre est exclu, alors ce sera une violation des droits de quelqu'un d'autre. Si tout le monde joue, la question se pose alors : combien de points on donne à Teimour ? Si vous lui donnez beaucoup de points, cela viole les droits des autres joueurs, si vous lui en donnez peu, alors ses droits sont violés. Si le tournoi recommence depuis le début, c'est injuste pour les leaders et cela aide ceux qui se trouvaient en bas du classement. D'une manière ou d'une autre, quelqu'un sera lésé.

Comment estimes-tu tes chances si le tournoi se poursuit ?


Pendant le tournoi, j'étais très optimiste. Tout a très mal commencé, mais ça allait de mieux en mieux. J'ai failli battre Caruana, J'ai arrêté de mal jouer, je n'ai été en danger dans pratiquement aucune partie et je jouais toujours pour le gain. J'ai battu Alekseenko avec les noirs. Le tournoi commençait tout juste à prendre forme. Beaucoup de choses auraient dépendu de cette partie contre Nepomniachtchi, qui devait avoir lieu le jour où le tournoi a été interrompu. Ian avait perdu la veille et il est connu pour ne pas être le joueur le plus stable. Maintenant, c'est le statu quo. Il me semble que j'ai encore des chances de victoire.

Giri a pris le pire départ possible avec une défaite contre Nepomniachtchi à la ronde 1 | photo: Lennart Ootes, FIDE/official website

Quel joueur est le plus avantagé par l'interruption du tournoi ?

C'est de la spéculation, bien sûr. C'est difficile à dire.

Ce sera le plus avantageux pour celui qui utilisera le mieux son temps jusqu'à ce que le tournoi reprenne.

Si Ian ne se sentait pas bien après sa défaite alors, bien sûr, c'est un avantage pour lui. Il va avoir un peu de répit. Si Vachier-Lagrave se sentait bien alors c'est désavantageux pour lui. Ding et Fabiano n'étaient clairement pas dans leur meilleur forme. Pour eux, ce n'est peut-être pas si mal. Ils peuvent se remettre et repartir à zéro. D'une manière ou d'une autre, l'arrêt a rompu le cours naturel du tournoi. Ce n'est de la faute de personne, c'est simplement ce qu'il s'est passé.

Que penses-tu de l'idée de terminer le tournoi sur internet ?

Curieusement, j'ai entendu cette proposition. Il me semble que ce serait complètement bizarre. Pour éviter la triche, il faut que quelqu'un vienne chez nous. Ce n'est pas très bon, compte tenu de la situation actuelle. Même si quelqu'un vient nous observer, le contrôle contre la triche sera néanmoins faible et inadéquat. Je n'ai jamais joué de partie sérieuse sur internet. En général, ça ne se fait pas.

En ligne, on peut jouer des blitz, à la limite des parties rapides mais pas de parties classiques. Je pense que c'est trop radical. Personne ne commencera à faire ça.

Pour l'instant, on ne sait pas quand aura lieu un quelconque tournoi. Comment s'y préparer ?

C'est très difficile de se préparer pour quelque chose quand on ne sait pas quand ça aura lieu. J'ai déjà commencé à travailler un peu les échecs. D'une manière générale, j'adore travailler les échecs, quels que soient les tournois.

Si j'étais enfermé dans une pièce, avec un ordinateur, et qu'on me dit que je serai enfermé ici pour toujours, j'étudierais les échecs.

Tôt ou tard, la situation va s'arranger. Quand les dates seront fixées, la préparation va s'intensifier. Pour l'instant, il n'y a pas de tournoi. Vous pouvez peut-être promouvoir vos idées et vos pensées d'une manière ou d'une autre. Peut-être que quelqu'un voulait écrire un livre, filmer des leçons de vidéo ou en général faire autre chose que des échecs, mais il n'a jamais eu le temps pour cela. Maintenant, nous l'avons.

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